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Selon Aliou, le roi Philippe Iᵉʳ se contente de présenter de profonds regrets à l’égard du peuple congolais pour dédouaner sa famille des atrocités coloniales. Le propos n’est que surface et n’implique pas une réparation concrète du rapport de force créé par les aïeux du roi des Belges.
Le fait que la monarchie soit toujours un moteur d’empêchement de la décolonisation interpelle particulièrement Aliou. Elle se montre très discrète sur la question coloniale mais en réalité, elle ne fait pas que co-signer les documents que le gouvernement lui donne, elle se positionne. Encore récemment, lors de la Commission sur la décolonisation du parlement fédéral, la famille royale a essayé d’influencer les décisions, il y a un lobbying réel et actif.
En creusant le discours de bien-pensance de Philippe Iᵉʳ, Aliou révèle aussi que la royauté doit sa richesse à Léopold II, qui voulait qu’après sa mort, son argent n’aille nulle part ailleurs que dans la famille Saxe-Cobourg-Gotha et comme tous.tes les fortuné.es, ce dernier a créé des fondations pour échapper aux impositions, (cf.la Donation Royale). Même si elle n’ose pas l’assumer, la famille royale est donc devenue prospère financièrement grâce à l’exploitation criminelle dans l’État indépendant du Congo, puis au Congo belge.
Le problème pour Aliou est que le discours ne change pas. Des traces de la violente déshumanisation du Roi bâtisseur sont encore présentes mais restent quasiment inaccessibles aux yeux du grand public, comme les archives dans la Maison du Roi.
La déclaration du roi Philippe Iᵉʳ illustre qu’encore aujourd’hui, la couronne ne regarde pas sa responsabilité dans sa colonisation en face car elle ne s’excuse pas, elle regrette les événements malheureux comme si ce n’était pas elle qui les avait causés. La royauté montre seulement sa propre version de récit, celle qui minimise les atrocités de son hégémonie et leurs conséquences.